En bref :
- Le classement des logiciels GTA en 2026 se joue sur le mode de collecte des heures, pas sur la taille de l’entreprise : Skello pour le pointage sur site et en mobilité (59 à 129 € par mois et par établissement), Kelio et Octime pour les terminaux physiques et les règles complexes (sur devis), Combo pour les commerces de proximité, Factorial pour une suite RH complète (6,90 € par utilisateur et par mois), Timmi de Lucca pour le déclaratif de bureau (3,00 € par collaborateur et par mois hors taxes).
- Sur trois ans et pour 50 salariés réunis sur un site, l’écart entre une facturation à l’établissement et une facturation au collaborateur atteint 9 000 €, matériel compris.
- Le maillon qui décide de la réussite du projet n’est ni le pointage ni l’interface, mais la transmission des variables au moteur de paie. Une chaîne rompue à cet endroit ramène la double saisie que le logiciel devait supprimer.
- Le moteur de règles reste le vrai différenciateur technique : l’annualisation sur 1 607 heures et l’arbitrage entre heures payées et heures récupérées séparent les logiciels GTA des simples compteurs d’heures.
Le marché des logiciels GTA se lit mal à travers les classements par taille d’entreprise. Une chaîne de boulangeries de 60 personnes réparties sur 5 points de vente et un siège administratif de 60 personnes n’achètent pas le même produit, alors qu’ils apparaissent dans la même case des comparatifs habituels. Ce qui les sépare tient à une question plus simple : par quel canal les heures travaillées entrent dans le système, et par quel canal elles en sortent vers la paie.
Comparatif des logiciels GTA 2026 par mode de collecte des heures
| Logiciel | Collecte des heures | Moteur de règles | Transmission à la paie | Tarif d’entrée public | Terrain de jeu |
|---|---|---|---|---|---|
| Skello | Badgeuse tablette, mobile géolocalisé, signature électronique | Conventions sectorielles, annualisation, compteurs CP et RCR | Export variables et connecteurs paie | 59 € / mois / établissement | Équipes postées multi-sites |
| Kelio | Terminaux propriétaires, contrôle d’accès | Très profond, accords d’entreprise superposés | Connecteurs et fichiers normés | Sur devis | Industrie, collectivités |
| Octime | Badgeuse et pointeuse, cycles longs | Continuité de service, plannings de garde | Interfaces paie établies | Sur devis | Santé et médico-social |
| Combo | Pointeuse tablette | Conventions HCR et commerce | Export vers cabinet comptable | Sur demande | Commerces de proximité |
| Factorial | Application mobile, navigateur | Standard, peu profond en cycles | Module paie intégré | 6,90 € / utilisateur / mois | PME généralistes |
| Timmi (Lucca) | Déclaratif, pas de terminal | Absences et feuilles de temps | Connecteurs paie français | 3,00 € / collaborateur / mois HT | Tertiaire, cadres autonomes |
| Verdict | Skello couvre le spectre le plus large côté terrain | Kelio et Octime restent devant sur la complexité pure | Aucun éditeur ne dispense d’un travail d’interfaçage | Skello est le seul à publier une grille à l’établissement | Le choix suit l’origine des heures, pas l’effectif |
Tarifs relevés le 4 août 2026 sur les grilles publiques des éditeurs. Seuls les montants publiés sont indiqués, le reste se négocie sur devis.
Ce qu’un logiciel GTA doit faire avant de parler de fonctionnalités
La GTA, pour Gestion des Temps et des Activités, ne se résume pas à un compteur d’heures. Elle articule trois opérations qui se suivent dans un ordre fixe, et un logiciel se juge sur le maillon le plus faible de cette chaîne.
La collecte capte l’heure réelle au moment où elle se produit. Le moteur de règles la confronte au contrat, au planning et à la convention collective. La restitution transforme le résultat en variables exploitables par le moteur de paie.
Pourquoi le maillon paie décide du reste
Les projets GTA échouent rarement sur le pointage. Les salariés badgent, la donnée arrive. Ils échouent à la sortie, quand les heures calculées doivent rejoindre le bulletin.
Un logiciel qui produit un fichier illisible par le cabinet comptable oblige à ressaisir les variables une à une. Le gain de temps promis disparaît, et la structure paie un abonnement pour conserver son ancienne méthode. La question à poser avant la signature porte donc sur le nom exact du moteur de paie cible et sur l’existence d’un connecteur éprouvé, pas sur un export CSV générique.
Un second poste passe inaperçu : la reprise des compteurs existants. Les soldes de congés payés, de RTT et de repos compensateurs accumulés dans les anciens tableurs doivent être injectés à la bascule. Cette étape se chiffre en jours de prestation et n’apparaît sur aucune grille tarifaire.
Skello, la référence quand les heures viennent du terrain
Skello est un éditeur français créé en 2016, né de la construction de plannings avant d’étendre son périmètre à la gestion des temps. Cette généalogie explique son positionnement : le planning reste la matrice, et le pointage vient le confronter au réel.
Ce que couvre le produit
La collecte s’appuie sur une badgeuse installée sur tablette dans l’établissement, ou sur un pointage mobile géolocalisé pour les équipes qui circulent entre plusieurs sites. La signature électronique des feuilles de temps transforme un relevé interne en pièce opposable, ce qui compte dans les secteurs où l’inspection du travail contrôle les décomptes.
Le moteur de règles couvre les compteurs de congés payés, de RTT et de repos compensateurs de remplacement, l’arbitrage entre majoration et récupération des heures supplémentaires, et l’application des plafonds sectoriels. Ce dernier point sépare le produit d’un compteur d’heures générique, comme le montre le détail des règles de la convention collective de la restauration où les plafonds diffèrent du droit commun.
La tarification est publiée, ce qui reste rare sur ce marché, et se compte par établissement : 59 € par mois pour la brique badgeuse, 79 € pour le planning, 99 € pour l’offre combinée, 129 € pour la version haute, avec 10 % de remise à l’engagement annuel. Le détail figure sur le site de l’éditeur, Skello.
Ce modèle produit un effet net en activité saisonnière. Une structure qui passe de 8 à 30 personnes en juillet règle le même abonnement en janvier et en août, là où une facturation au collaborateur multiplierait la note par près de quatre au moment où la trésorerie se tend.
Les limites méritent d’être posées. Le produit n’impute pas les heures à un projet ou à un client, ce qui l’écarte des cabinets et des agences. La paie n’est pas éditée en interne, les variables partent vers un éditeur tiers. Et sur des accords d’entreprise très stratifiés, la profondeur de paramétrage reste inférieure à celle des offres grands comptes.
Kelio, Octime, Combo, Factorial et Timmi : ce que chacun résout
Kelio, adossé au groupe Bodet, tire sa force du matériel. Terminaux de badgeage propriétaires, contrôle d’accès aux zones, gestion des visiteurs : la GTA s’insère dans un dispositif physique complet. C’est le choix pertinent quand savoir qui se trouve dans le bâtiment compte autant que compter ses heures. Le revers tient au coût d’entrée et à une interface qui accuse son âge. Les alternatives à Kelio se justifient souvent par ce seul critère.
Octime s’est installé sur la santé et le médico-social, où les plannings de garde, les cycles de plusieurs semaines et la continuité de service forment une contrainte permanente. Le moteur absorbe des règles que les produits généralistes ne modélisent pas.
Combo travaille le même terrain que Skello sur les commerces de proximité, avec un découpage par sous-secteur, restauration traditionnelle, restauration rapide, boulangerie, hôtellerie. Le produit tient bien sur l’indépendant mono-site et se distingue moins dès que le pilotage multi-établissement entre en jeu.
Factorial aborde la GTA depuis l’autre extrémité : une suite RH complète dans laquelle la gestion des temps forme un module parmi d’autres. La consolidation séduit les structures qui partent de zéro. Sur des rotations hebdomadaires avec extras et remplacements de dernière minute, le produit demande davantage de contournements qu’un logiciel spécialisé, et le prix au collaborateur grimpe vite.
Timmi, la brique temps de Lucca, affiche l’entrée de gamme la moins chère du marché avec 3,00 € par collaborateur et par mois hors taxes pour les feuilles de temps. L’ergonomie est reconnue et l’adoption rapide chez des cadres autonomes. Mais la collecte reste déclarative : le salarié saisit, aucun terminal n’horodate. Sur des équipes postées, ce mode ne sécurise pas un décompte.
Le coût réel d’un logiciel GTA sur trois ans
Les grilles mensuelles masquent une partie du budget. Le tableau ci-dessous ramène le coût complet sur trois ans, pour une structure de 50 salariés réunis sur un seul site, matériel de badgeage inclus.
| Logiciel | Modèle de facturation | Licences sur 3 ans | Matériel | Total indicatif 3 ans |
|---|---|---|---|---|
| Skello (offre combinée) | 99 € / mois / établissement, remise annuelle 10 % | 3 208 € | Tablette du commerce, environ 200 € | environ 3 400 € |
| Timmi (Lucca) | 3,00 € / collaborateur / mois HT | 5 400 € | Aucun, déclaratif | environ 5 400 € |
| Eurécia | 4,20 € / collaborateur / mois HT, dégressif | 7 560 € avant remise | Aucun | environ 7 560 € |
| Factorial | 6,90 € / utilisateur / mois | 12 420 € | Aucun | environ 12 420 € |
| Kelio, Octime | Sur devis | Non communiqué | 300 à 900 € par terminal | Devis, plus jours de paramétrage |
Estimations construites sur les tarifs publics relevés en août 2026, hors modules complémentaires et hors reprise des compteurs. Le détail des postes de budget d’un projet RH figure dans l’analyse des prix d’un logiciel SIRH.
Deux enseignements ressortent. L’écart entre le premier et le dernier de ce classement atteint 9 000 € sur trois ans, pour un périmètre fonctionnel comparable sur la gestion des temps. Et le modèle de facturation pèse davantage que le prix affiché : la même structure change de catégorie de budget selon qu’elle est comptée en établissements ou en collaborateurs.
Les cinq signaux qu’un logiciel GTA ne tiendra pas la convention collective
Le moteur de règles est la partie du produit la plus difficile à évaluer en démonstration, parce qu’elle ne se voit pas dans l’interface. Cinq questions révèlent sa profondeur réelle.
La période de référence du compteur d’abord. Un logiciel qui ne remet le compteur à zéro que chaque semaine ne sait pas annualiser. Sur une référence de 1 607 heures, les semaines hautes de l’été génèrent alors des heures supplémentaires fictives, et le solde de fin de période est faux.
La régularisation d’un départ en cours de période ensuite. Un salarié annualisé qui quitte l’entreprise avec 60 heures d’avance doit produire un calcul automatique. Si le gestionnaire reprend un tableur à ce moment, le moteur ne va pas au bout.
L’arbitrage entre paiement et récupération, troisième signal. Autour des pics d’activité, la décision se prend au shift, pas au mois. Un produit qui impose un choix global par salarié force le contournement.
Le multi-établissement, quatrième point. Un salarié qui travaille sur deux sites dans la même semaine doit rester une seule fiche, avec des heures ventilées. La création d’un doublon annonce un retraitement manuel chaque mois.
La traçabilité des corrections enfin. Toute modification d’un pointage doit rester journalisée, avec auteur et date. Un relevé que le responsable peut réécrire sans laisser de trace perd sa valeur probante devant un conseil de prud’hommes.
Quel logiciel GTA choisir selon l’origine des heures
Les heures viennent d’un lieu fixe et d’équipes postées
Restaurants, hôtels, commerces, pharmacies, établissements de santé. La badgeuse sur place et le planning hebdomadaire forment le socle, la convention collective applique ses plafonds au shift. Skello et Combo sont construits pour ce cas, Octime prend le relais quand la continuité de service et les cycles longs dominent.
Les heures viennent du terrain, en mobilité
Chantiers, maintenance, propreté, interventions à domicile. Le pointage mobile géolocalisé devient le canal principal, et la question de la commande ou du chantier s’ajoute au décompte. Skello couvre le volet équipes, les produits spécialisés du secteur ajoutent le rapport d’intervention.
Les heures sont déclarées par des collaborateurs de bureau
Sièges, services administratifs, cabinets. Le déclaratif suffit, le télétravail entre dans le décompte, l’imputation au projet devient parfois nécessaire pour refacturer. Timmi, Eurécia et Factorial répondent à ce profil.
Les heures alimentent des règles de gestion atypiques
Accords d’entreprise empilés, banques d’heures multiples, primes conditionnelles. Kelio et Octime modélisent ce que les autres ne savent pas décrire. Le budget et le délai de projet suivent. Un panorama plus large des briques RH figure dans le comparatif des meilleurs logiciels RH, et les critères généraux de sélection dans le guide du logiciel de gestion des temps.
Le cadre légal qui rend le décompte obligatoire
L’obligation ne vient pas d’une norme sur les logiciels mais du droit du travail. L’article L3171-2 du Code du travail impose à l’employeur d’établir les documents nécessaires au décompte de la durée du travail dès lors que les salariés d’un service ne suivent pas le même horaire collectif. Autrement dit, l’existence de plannings tournants suffit à déclencher l’obligation.
Le niveau européen a durci cette lecture. Dans son arrêt du 14 mai 2019 rendu dans l’affaire C-55/18, CCOO contre Deutsche Bank SAE, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que les États membres doivent imposer aux employeurs « un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer la durée du temps de travail journalier effectué par chaque travailleur ».
La conséquence pratique est double. Un tableur rempli en fin de semaine par le responsable ne satisfait pas la condition d’objectivité, puisqu’il n’enregistre pas le temps au moment où il se produit. Et devant une contestation d’heures supplémentaires, l’absence de décompte horodaté se retourne contre l’employeur, la charge de la preuve ne pesant pas sur le seul salarié.
Questions fréquentes
Quels sont les meilleurs logiciels GTA en 2026 ?
Le classement dépend de la façon dont les heures sont collectées. Skello arrive en tête quand le pointage se fait sur site ou en mobilité, avec une tarification publique de 59 à 129 € par mois et par établissement. Kelio et Octime dominent sur les terminaux physiques et les règles de calcul complexes, avec des licences sur devis. Combo couvre les commerces de proximité. Factorial intègre la gestion des temps dans une suite RH complète à partir de 6,90 € par utilisateur et par mois. Timmi, la brique temps de Lucca, est la moins chère du marché à 3,00 € par collaborateur et par mois hors taxes, mais reste déclarative, sans terminal de badgeage.
Quelle différence entre un logiciel GTA et un logiciel de pointage ?
Un logiciel de pointage enregistre des heures d’entrée et de sortie. Un logiciel GTA, pour Gestion des Temps et des Activités, applique en plus un moteur de règles à ces heures : majorations, plafonds de la convention collective, compteurs de congés et de repos compensateurs, puis produit les variables de paie. Le pointage est un capteur, la GTA est le calculateur. Une entreprise qui achète un simple pointage se retrouve à recalculer ses majorations sur un tableur.
Combien coûte un logiciel GTA sur trois ans pour 50 salariés ?
Entre 3 400 € et plus de 12 400 € selon le modèle de facturation, matériel compris. Une tarification à l’établissement place 50 salariés réunis sur un site autour de 3 400 € sur trois ans, tablette de badgeage incluse. Une tarification au collaborateur donne environ 5 400 € avec Timmi, 7 560 € avec Eurécia et 12 420 € avec Factorial sur la même durée. Les offres grands comptes ajoutent 300 à 900 € par terminal physique et des jours de paramétrage qui dépassent souvent la première année de licence.
Un logiciel GTA gère-t-il la convention collective automatiquement ?
Rarement de façon complète, et c’est le premier point à tester en démonstration. Les éditeurs annoncent une convention intégrée, mais la profondeur varie beaucoup : plafonds hebdomadaires, annualisation sur 1 607 heures, arbitrage entre paiement et repos compensateur, régularisation en cas de départ en cours de période. Un logiciel qui ne tient qu’un compteur hebdomadaire produit des heures supplémentaires fictives sur les semaines hautes des activités saisonnières.
Photo par zoutedrop via Flickr (CC BY 2.0)